Sunday, September 24, 2017

S eule une poignée



V ie intérieure


Evidemment je rêvais. Tanguy, je rêvais que je parlais à Tanguy ; je ne l’avais qu’embrassé avant de partir, j’étais avec mes amis jeunes et je préférais mes amis jeunes, je n’avais jamais parlé avec personne après tout, surtout pas avec Tanguy, surtout pas avec mes amis jeunes, et je rêvais alors de tout ce que je ne faisais pas dans la vie réelle, enfin, la vie diurne, la vie de la réalité, la vie où nous rêvons aussi, tout est illusion, rien n’est illusion ; et dans le rêve aussi il était question de paysages, de tournées dans des villes étranges, avec Tanguy comme guide, diurne et nocturne, « amphibie » comme dit Proust,  dans des villes, des paysages, et je rêvais que je parlais à Tanguy — je n’avais jamais parlé à Tanguy, de toute ma vie, ni avec personne — qui était l’homme pourtant avec lequel je m’entendais le mieux et je lui disais, dans le rêve, je lui disais, et il me répondait, et je lui disais clairement, par exemple, le cerisier, ou le prunier, je lui disais que ce qu’il m’apportait, c’était qu’il savait mettre en contact les choses naturelles et les choses artificielles, les choses de l’art ; il se débattait, il ne voulait pas « savoir », c’était toujours autre chose, mais je lui disais : « Tu me fais à la fois voir la chose naturelle, par exemple ce prunier, ce cerisier, et qu’elle a été imaginée, admirée par l’homme — et j’ajoute maintenant : comme quand Baudelaire écrit (j’avais relu ce poème, Le vin de l’assassin, dans le RER) : « L’air est pur, le ciel admirable… » Ce que je faisais qui s’apparentait au travail du Radeau, c’était le travail de mon blog : récolter des citations comme les papiers découpés du journal de Kafka qu’on avait étudié au moment de Choral ; et voilà les dernières que j’y ai notées : d’abord « Nous avons successivement le sentiment très fort de deux « vérités » : tout est illusion, rien n’est illusion » ; et aussi « Je suis triste parce que vous partez. Plus triste encore parce que je sais que je vais vous oublier ou plutôt parce qu’un autre que moi va venir, qui vous oubliera » ; et aussi « En conclusion : nos vies sont inventées. Plus le temps passe, plus nos vies sont inventées » ; et donc « La littérature sert-elle encore à quelque chose ? Oui, à nous dégoûter d'un monde que l'on n'arrête pas de nous présenter comme désirable » ; ce qui prouve que « Le bonheur c'est d'intégrer le désespoir dans notre existence ».  Voilà, tout ça, c’était des choses que nous nous étions souvent dites avec François.

Jusqu'au 8 octobre, Théâtre des Amandiers, Nanterre

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J eu de la vie


« Tu vis sans savoir !
Tu verses ton âme,
Ton lait et ta flamme
Dans quel désespoir ?
Ton sang qui s’amasse
En une fleur d’or
N’est pas prêt encor
À la dédicace.
Attends quelque peu,
Ceci n’est que jeu. »

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I l n’y a pas d’adultes


« Dans les Antimémoires, André Malraux demande à un prêtre rencontré pendant la Résistance ce que lui a appris la pratique de confesser les fidèles. « Il n’y a pas d’adultes », répond l’homme. »

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Friday, September 22, 2017

« Le bonheur c'est d'intégrer le désespoir dans notre existence. »

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E tre Dantou


« Être dans le monde signifie au contraire non seulement être dans un substrat autre que soi — le monde — , mais pouvoir être et littéralement être Dantou ce qui peuple le monde. J’existe, je suis, c’est-à-dire je-suis-au-monde, dans ce monde non seulement parce que je suis dans un seul substrat, mon corps, mais parce que je peux être dans l’espace immatériel de ces lignes qui s’affichent devant vous, mais aussi dans vos yeux, dans vos souvenirs, dans les sons que vous prononcez lorsque vous lisez ce texte. Être pour un quelque chose de mondain signifie pouvoir être partout, être Dantou. »

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O n n’a pas besoin d’un cerveau pour penser


« Il s’agit de reconnaître que ce qu’on appelle pensée n’est que la possibilité de devenir le lieu de tout ce qui est. La conscience n’est que cela : faire l’expérience du fait qu’une chose ou une forme différente de nous est en nous. Dans ce sens, la connaissance ou la pensée n’est pas une exception de l’ontologie mais sa forme banale et élémentaire. Si être veut dire être dans quelque chose tout être est objet de la conscience de quelque chose d’autre. Tout ce qui est, est dans quelque chose et il est donc pensé par autrui. Tout ce qui est, est en tout, et il est pensé par tout. Il ne faut pas une conscience pour penser. La pensée est le souffle des êtres. On n’a pas besoin d’un cerveau pour penser : la pensée est le fait, la forme et le rythme de notre immersion dans le monde, la configuration que notre ouverture au monde acquiert à tel moment ou à tel autre. »

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« Cohabiter signifie souffler dans, grâce et à travers l’autre, construire avec l’autre un mouvement de continuité qui ne présuppose aucun partage ni formel ni substantiel. Dans un monde où tout est en tout la seule question ‘politique’ est : comment se mélanger ? En tant qu’être sexués la question n’est peut pas être purement politique, car elle concerne toujours le désir, la forme, le plaisir et la fidélité. La cohabitation est une question alchimique beaucoup plus que politique. »

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L e Dégoût


« La littérature sert-elle encore à quelque chose ? Oui, à nous dégoûter d'un monde que l'on n'arrête pas de nous présenter comme désirable. »

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E n conclusion, les aminches !


« En conclusion : nos vies sont inventées. Plus le temps passe, plus nos vies sont inventées. »

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Thursday, September 21, 2017

T out rien


« Nous avons successivement le sentiment très fort de deux « vérités » : tout est illusion, rien n’est illusion. »

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« Je suis triste parce que vous partez. Plus triste encore parce que je sais que je vais vous oublier ou plutôt parce qu’un autre que moi va venir, qui vous oubliera. »

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Un très beau titre :
Sous les plafonds de mon poème

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« Le désir est une fenêtre qui s’ouvre sur une autre vie que l’on aurait pu avoir – ou pas. Etre quelqu’un d’autre. « En général, cette multiplicité, on l’oublie, mais le désir, entre autres choses, nous le rappelle, précise-t-il. On aime quelqu’un, on aime un monde, et on a le cœur navré de ne pas pouvoir aimer quelqu’un d’autre, dans un autre monde. » »

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E t pourtant je n'aime que les journaux anciens


« Henri Lefebvre parle du Grand Pléonasme. Nous voulons être au courant de tout ce qui se passe à l’instant même où il passe et se passe. »

« Le monde entier nous est offert, mais sur le mode du regard. Nous sommes quittes du soucis des événements, dès que nous avons posé sur leur image un regard intéressé, puis simplement curieux, puis vide mais fasciné. »

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« Louise Banks réussit, non pas à voyager dans le temps (physiquement), ni à profiter de boucles temporelles ou de lignes temporelles multiples : elle maîtrise et contrôle le temps, ayant la capacité à se « souvenir » du futur, à y trouver autant des émotions que des informations qui lui sont propres.
Sa vie, devenue non linéaire, lui donne un accès à son existence, qu'elle soit passée mais surtout future. Elle sait ainsi qu'elle se mettra en couple avec son collègue de travail, Ian Donnelly, et qu'elle aura un enfant avec lui, Hannah, qui mourra d'une maladie dite « rare ». Et c'est grâce à la compréhension de la langue des heptapodes, elle aussi non linéaire, qu'elle y parvient. »

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Bonjour Marie, 
J’ai trouvé une salle où j’aimerais jouer. L’acoustique y est très bonne. J’ai adoré la pièce de Tino Sehgal que j’y ai vue avec ces deux enfants que j’ai pris en photo sans savoir que c’était interdit (bien sûr). J’ai eu de la chance (car j’imagine qu’il y avait une alternance), ils étaient très bons, ces deux enfants, en particulier la fillette avec qui j’aimerais beaucoup travaillée (pour mon prochain spectacle à la Ménagerie en mars), mais comment la retrouver ?
Mais enfin, il y a deux informations dans ce que je vous dis. L’importante qui pourrait nous concerner si vous l’imaginiez, c’est que je pourrais faire quelque chose dans cette salle. Quoi, quel auteur, je ne sais pas, mais on trouverait !
Bien à vous, passez un bon réveillon !
Yves-Noël

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Titre : 
Festins de barbarie

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S e cacher


« Parler beaucoup de soi est la meilleure façon de se cacher, surtout lorsque l’essentiel est tu. »

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« No Smoking et Dorian sont deux romans situés dans un monde juste à côté du nôtre. Ils parlent d’un être qui a l’illusion d’être libre mais ne voit pas plus loin que ce qui se présente à lui, qui croit pouvoir inventer sa vie mais ne fait que réagir aux événements. Comme nous tous : nous pensons faire des choix, agir rationnellement, mais c’est faux. »

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« La beauté ne se discute pas, elle règne de droit divin. Elle fait prince quiconque la possède. »

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L 'Alternative : le jeu qui perd


« Jouer pour construire sa perte »

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L e Husky Sibérien est apparu environ 2000 ans av. J-C., au milieu du peuple Tchouktche


Comme tu étais gentil, hier au soir… Tu m’as laissé m’approcher avec mon désir et tu semblais le comprendre, plein d’amour finalement, comme un chien justement comprend son maître et ça m’a réchauffé le cœur : tu n’as pas seulement des yeux à se damner, tu as une âme pour le paradis ! deux en un, c’est le cocktail gagnant ! Amuse-toi bien au Pérou, merveilleux petit Husky ! (j’ai laissé un message à Matthieu)
Yvno

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A la mode des fleurs par des abeilles


« objecté que la poésie ne peut pas être tout à fait du côté du bien, vu que nos premiers parents quand ils étaient dans le Grand Jardin ne parlaient pas, communiquaient à la mode des fleurs par des abeilles, des messagers ailés, et sentirent se délier leur langue seulement après que l’ange leur eut montré la porte ; si vous aviez représenté que la langue des hommes leur vient après la Chute, quand la matière ne chante plus ; que la poésie qui est langue de la langue tombe elle aussi dans le puits universel, et peut-être deux »

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L a Voix des deux sexes

S eule l'Etude

...h antée par sa ruine



L umière prière croyance



L ouve


Oui, Mathilde, tu te souviens, on avait commencé un spectacle où tu dansais sur des chansons de Barbara. C’était MAGIQUE ! Et puis quelqu’un t’a conseillé de ne pas le faire… Les spectacles que je suis seul à avoir vus me restent incandescents dans la mémoire, les autres (ceux qui ont été vus par le public), je les oublie, ils ne m’appartiennent plus, ils sont entrés dans les rêves des autres. Je repensais à ça en cette année d’hommage tout azimut à Barbara : si on y avait pensé, nous, eh bien, notre spectacle n’aurait pas déparé ! Au contraire, il aurait sans doute été l’un des plus beaux... De toutes les femmes qu’il y a en toi : la directrice, la chorégraphe, la politique, l’amoureuse, que sais-je ? moi, je retiens l’interprète… C’est là que je te trouve la plus belle, la plus saisissante, la plus vénéneuse, bref, la plus mystérieuse et inoubliable…
J’ai toujours envie de travailler avec toi !
Yvno

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« Comme, dans le jour qui t'a donné au monde, 
le soleil était là pour saluer les planètes, 
tu as aussi grandi sans cesse, d'après la loi selon laquelle tu as commencé. 
Telle est ta destinée ; tu ne peux t'échapper à toi-même ;
ainsi parlaient déjà les sibylles ; ainsi les prophètes ; 
aucun temps, aucune puissance ne brise 
la forme empreinte qui se développe dans le cours de la vie. »

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L 'Expo de Bruno Perramant est sublimissime



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A rrivez un peu avant l’heure


Tel un vieux sage, je donne des cours d’interprétation presque tous les lundi cet automne jusqu’en décembre (quelques dimanches seront rajoutés). Ces cours — qui sont des masterclasses — s’appellent JOUER COMME GERARD et ils sont sur le thème de la Genèse. Il est donc demandé de travailler des matières se rapportant à cette imagination de la Création du monde, création de l’homme et de la femme (ah, cette différence…), des plantes, des autres animaux, des atomes, etc., tout récit de commencement, y compris scientifique, qui participe de cette même imagination, des danses ou des chants de cultures diverses… ou traces (innombrables) de cette imagination dans les œuvres diverses. Il y a actuellement deux cours : un à 16h, et un à 18h30 (d’une durée de deux heures chaque). Le cours de 16h est filmé par Vivianne Perelmuter (avec assistant pour le son), ce qui est une aide, pour les participants, car ce n’est pas demain, la semaine prochaine ou dans trois mois : c’est exactement dans la plénitude de MAINTENANT qu'il s’agit de passer d’un instant à l’autre avec comme viatique la poésie, car la parole et l’écriture sont la même chose, mais c'est la poésie qui le prouve… 5 € le cours, plus 5 € pour l’adhésion à l’année à l’association du café Pas Si Loin qui nous accueille — 1, rue Berthier, à Pantin.

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...s ur le thème de la Genèse


Photos de Vivianne Perelmuter

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« et ça, c’est très important dans le shamanisme, c’est-à-dire qu’il y a une personne qui a rêvé le monde avant qu’il ne survienne »

« et les morts reviennent dans les rêves »

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« une foule de toute la terre entière »

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« I l n’y a plus d’histoire possible jusqu’à même dans les films pornographiques. »



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J e n’ai pas vu, mais j’ai mon opinion


Dominique me dit (sous l’influence de Jacques, je pense), mais Arnold finalement me dit que ça vaut le coup, mais Dominique donc me dit que c’est très édulcoré, que l’histoire d’amour prend le dessus, mais que ce n’est pas ça, la vraie histoire, ce n’est pas parce que les pédés étaient en couple comme maintenant qu’ils ont attrapé le sida, c’est parce qu’ils avaient chacun 900 partenaires par jour (chiffre approximatif, peut-être par semaine...) Mais, En revanche, elle me dit, c’est bien joué. Alors, là, je sens que j’ai de la place pour mon numéro d’homophobie de derrière les fagots : C’est normal que ce soit bien joué, les pédés, ils ont pris des pédés pour jouer des pédés, c’est facile ! Imagine qu’on leur aient demandé de jouer des hétéros : là, on aurait pu saluer la performance ! — Alors c’est comme quand on prend des vaches pour jouer des vaches, c’est ce que tu veux dire ? — Exactement. C’est ce que je veux dire. On ne va pas lui donner un César à la vache, Ah elle fait bien la vache, non ! Dominique dit : On dirait un film fait par des militants du Mariage pour tous, il y a un contresens, mais Arnold me dit que ça vaut le coup.
« même les bibelots semblent animés
sur les étagères poussiéreuses »

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L e Rôle


« Ce n'est pourtant pas que je me sente supérieur, je vous en prie surtout, ne croyez pas ça.
C'est plutôt comme une sorte de décalage, l'impression persistante de jouer un rôle.
Vous le savez, je vis depuis des années à l'étranger. Certains clichés sont associés aux Français (les bons vins, la cuisine…). Plus d'une fois, afin de fluidifier la communication sociale, j'ai été amené surjouer mon rôle de Français. Je me suis lancé, avec toutes les apparences de l'enthousiasme, dans des déclarations dithyrambiques au sujet du madiran, ou de tel ou tel produit alimentaire donc je venais d'apprendre l'existence.
Pour des raisons analogues, quoique plus rarement, il m'est arrivé de surjouer mon rôle de mâle — de manifester une passion que je n'éprouvais pas tant que tant que ça pour les Aston-Martin, les pin-up des calendriers Pirelli ou les coups francs de Michel Platini.
Et je me sens tout à fait capable (je le ferai certainement si je suis à jour confronté à un public d'extraterrestres) de surjouer mon rôle d'humain. »

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A mitié politique


« Un mouvement de désobéissance  consistant suppose une confiance dans l’autre, une amitié politique. Or, aujourd’hui, tout est là pour désintégrer les réseaux de solidarités. »

Dernier appel à mes amis mélenchonistes : laissez tomber ce mec de la télé et mettez-vous au travail. C’est possible même sur Facebook. Je conseille Nad Lam


« Une première manière de désobéir serait finalement d’obéir a minima, de manière rétive. »
« Zhuangzi dit : « La Perfection est la tranquillité dans le désordre. » »

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Titre pour un recueil de poèmes :
When homework is done

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« Il faudrait qu’un écrivain eût perdu le sens pour laisser soupçonner seulement qu’il écrit. »

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L e Guignon


« Il y a dans le monde spirituel quelque chose de mystérieux qui s'appelle le Guignon, et nul de nous n'a le droit de discuter avec la Fatalité »

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L a Météo


Il fallait aller en ville et puis ensuite de longues soirées de lecture
« Il s’était dit qu’ils pourraient se fondre dans les lieux, dans le décor, et que c’était peut-être cela, le bonheur, ou ce qui en approchait le plus. Une vaste entreprise de camouflage, avait pensé Paul. »
« There is no Mystery so great as Misery. »

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L ibre-arbitre


« Ce n'est pas que j'y croie beaucoup, à vrai dire, à cette notion de libre-arbitre. L'argumentation de Spinoza (conscient de ses désirs, mais non de leurs causes, d'où sensation de liberté) me paraît toujours aussi irréfutable. Et si je dodeline gentiment de la tête lorsque je l'entends employer autour de moi, c'est pour ne pas aggraver mon cas, pour éviter les sujets qui fâchent. Parce que j'ai bien remarqué que les gens, en général, sont attachés à cette fiction de la liberté individuelle ; et qu'il s'agit, peut-être, d'une fiction utile. »



« C'est quand même effrayant, cette prétention chez des mammifères de taille moyenne, a priori indiscernables, de constituer des essences spécifiques. Ceci contraste péniblement avec l'attitude de mon chien (un chien de taille moyenne, enfin un peu bas sur pattes, mais moyen tout de même), qui reconnaît sans hésiter la caninité chez les chihuahuas comme chez les dobermans. »

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L 'Expérience


« Il y a un autre problème aujourd’hui : le « créativement correct ». Tout le monde veut être créatif. Entre nous, j’envie ceux qui ne le sont pas. Ils sont capables de vivre une expérience pour ce qu’elle est, ils peuvent recevoir tout simplement la vie comme elle arrive. Chez ceux qui écrivent, l’écriture interférera toujours. »

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L ’Acteur


Il suffit qu’une personne n’ait pas aimé pour que ma santé soit ruinée 
« quand tu acceptes ce monde fait main »

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Wednesday, September 20, 2017

V ersailles


Il y a sept ans je réunissais Thomas Scimeca (à poil à gauche) et Marlène Saldana (à droite sous la barbe) à deux danseurs virtuoses que m’avait livrés directement du Congo Philippe Chameau (un long voyage donc, par chameau) pour une partie de campagne inouïe qu'on avait appelée L’Echange, au festival Plastic Dance Floor. J’avais adoré voir mes meilleurs acteurs quasi décontenancés parfois (mais tenant le coup) devant la puissance, la vérité, la sauvagerie et la joie de vivre de Dinozord et de Papy Ebotami (Papy faisant un vrai bouche-à-bouche à Marlène qui elle ne faisait que mine de se noyer ; Dinozord mettant le feu comme à la brousse sur une île du lac, Thomas les yeux comme des soucoupes appelant à l'aide). J’avais adoré l’accueil de Frédéric Seguette qui dirige ce festival. Prochaine édition — très conseillée — ce week-end !

Autres recommandations : Pierre Alferi (immense poète) s'amuse beaucoup à écrire la pièce Les Grands du spectacle de Fanny de Chaillé au centre Georges Pompidou jusqu'au 23 + la somptueuse exposition de Bruno Perramant à la galerie In Situ, 14, boulevard de La Chapelle : quand vous venez faites signe, c'est en bas de chez moi, on prend un café...

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Monday, September 18, 2017

Tiens une citation de Verlaine : « Préférera les paysages »
Pas de nouvelles du Musée ? 
Et le livre ? 
News, quoi. 
Bisous, 
YN

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C ool


Quelle joie de te, certes revoir, mais surtout ce que tu as fait, ce que tu as apporté tout à l’heure ! Très fin. Passionnant pour moi. Cette façon qu’il y aurait de dire des choses très intelligentes et très présentes… enfin, je vais dire moins bien ce qu’on a commencé à dire ensemble tout à heure… J’espère qu’on pourra continuer ce travail… (au moins de temps en temps). Tu me diras tes horaires. Faire un cours de nuit pourquoi pas, mais… un peu plus normal, on va dire. Il y a aussi le dimanche. Je devais donner deux cours cette saison le dimanche et le lundi (au lieu du lundi et du mardi de l’an passé, le café ouvre maintenant le mardi), mais j’ai eu peur du trop, je me suis dit que je rajouterais le dimanche en cas de besoin… 

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A vallon


« Y a à la fois du fruit, un peu de fleur, un petit peu de caillou, mais avec beaucoup de fraîcheur. »

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P ENSER / QUE / CE / QUI / EXISTE / EST / LOIN / DE / REMPLIR / TOUS / LES / ESPACES / POSSIBLES


Je t'ai beaucoup cité dans les cours aujourd'hui, mais il y a une phrase (la plus nécessaire) que je ne retrouve pas, que je croyais avoir notée, alors évidemment comment la retrouver, tu dis qu'il y a beaucoup plus d'espace qu'on ne croit, d'espace vide, inexploré, dans les choses, etc. enfin c'est pas du tout ça... si tu vois... (je cherche encore…)

PENSER / QUE / CE / QUI / EXISTE / EST / LOIN / DE / REMPLIR / TOUS / LES / ESPACES / POSSIBLES

et puis NON PAS UNE IMAGE DEVIENT MONDE MAIS UN MONDE DEVIENT IMAGE ON FAIT UNE IMAGE-MONDE

Ah voilà ! C'est bien d'avoir l'auteur sous la main ! (J'avais deux-trois choses à demander aussi à Arthur, Oscar, Marcel et Charles, mais, bon, sont aux sports d'hiver)

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L e Sage


« Le Sage peut, dorénavant,
Assister aux scènes du monde,
Et suivre la chanson du vent,
Et contempler la mer profonde. »

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Sunday, September 17, 2017

« Il y a une perspicacité inconsciente dans l’emploi du mot personne pour désigner l’individu humain, comme cela se fait dans la plupart des langues européennes : car persona signifie en réalité « masque de théâtre » et il est vrai que nul ne se dévoile tel qu’il est ; tous, nous portons un masque et jouons un rôle. »

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S ourdre le monde des morts


Bonjour Yves-Noël, comment a été l'été ? Kataline m'a dit que tu recommençais les cours, autour de la Genèse.
Je crois que ce sera peut-être le même problème pour moi d'horaires, mais ce lundi, je peux venir, vers 19h, lire un texte que j'ai écrit sur les bébés et Rembrandt, qui devrait être publié par Sollers.
A cette heure-là, je pourrai passer demain, si ce n'est pas en pleine séance ? 
Amicalement,
Josselin

Bien sûr, viens ! 
C’est drôle, ton signe, car je viens à l’instant de tomber (à la BPI) par hasard sur « L’Infini » (mis en exposition je ne sais pas trop pourquoi) que je n’avais pas ouvert depuis mille ans et d’y trouver un texte de toi, « Nous sommes des bêtes, nous sommes sauvages », que je viens illico d'absorber et que j’adore surtout — tu fais comme Sollers — pour ses bonnes citations ! Je le photographie pour demain car il est en plein dans le thème (« être hanté par ce qui précède l’homme, des premières algues aux grands singes »)

Merci. Que, toi, tu dises ça, c'est très émouvant. La première fois que je t'ai vu et entendu à Avignon, pour Vénus & Adonis  [Le Parc intérieur], un seuil s'est ouvert pour moi : comment ? Dans une telle délicatesse, on peut faire sourdre le monde des morts, plus vivant que nous ? Ca avait été gigantesque, continue de l'être.
J'essaierai de me glisser une ou deux fois alors dans un lundi...
Et toi, quels sont les prochains spectacles où t'écouter ?

Oui, (re)viens, très cher ! 
Il y a eu l’Opéra-Comique il y a quelques jours (j’espère que tu as reçu) avec les Illuminations et, là, non, rien sur Paris, Clermont-Ferrand le 7…

Yvno

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« Maintenant c’était un causeur évidemment très bien, mais il y avait des moments où il était un peu, un peu fatigant — Dans quel sens ? — Parce qu’il parlait beaucoup de lui. »

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L e Chemin de la forêt fondamentale


« Il me semble que tous nous regardons trop la nature, et vivont trop peu en sa compagnie. L'attitude des Grecs me paraît pleine de bon sens. Ils ne discouraient jamais sur les couchers de soleil, ni ne débattaient pour savoir si les ombres sur l'herbe était en réalité mauves ou pas. Mais il voyait que la mer est faite pour le nageur, et le sable pour les pieds du coureur. Ils aimaient les arbres pour l'ombre qu'ils projettent, et la forêt pour son silence à midi. »

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« L e temps échappe à toute image »


Le film de Frank Smith — filmé par Arnold Pasquier — qui s'appelle Le Film de l'impossible est sublime. Il s'agit d'un remake du Camion, de Marguerite Duras, il fallait oser, il l'a osé ; il n'y a plus de camion (ou peut-être au très loin au début, me dit Arnold), il n'y a plus que le désert de sel de Gerry (de Gus Van Sant) et un poète qui dialogue avec lui-même par la disponibilité d'un ami qui lui renvoie la balle et qui dit des choses comme : « Le film de l'impossible n'existe pas. Ce qui existe réellement, c'est le film de l'impossible en train de se faire ». Ou encore : « Car on ne veut pas grand chose ? — Rien ». Ou encore : « Ecrire, filmer, c’est supprimer ». Et enfin (je crois que ce sont les derniers mots) : « Un monde devient image — on fait une image-monde ». Vincent me dit que ça a rapport aussi avec La Région centrale, le film de Michael Snow (de 1971) où une caméra avait été inventée pour filmer dans toutes les directions un paysage sans présence humaine. Tout ce qui fait rentrer le réel ou le monde dans le monde est beau. « Le cinéma admet enfin le désert au-devant de lui »

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Saturday, September 16, 2017

L a Question de l’inattendu


Oscar Wilde, en quelques heures, était devenu un frère ; il me manquait, je voulais le lire encore. Avec Sébastien, on s’entendait bien. C’était lui qui avait eu l’idée et qui me l’avait proposée. Et maintenant j’avais mordu à l’hameçon et Oscar me manquait. On avait fait une résidence de quelques jours dans un lieu merveilleux avec des circassiens (les meilleurs amis du monde) (au bord du monde, justement, en équilibre) et on nous avait demandé de proposer une petite forme de fin de résidence, ce n’était pas obligatoire, mais comme il y avait un concert de prévu, ce jour-là, il y aurait du monde. On n’avait rien préparé, on n’avait pas grand chose, ce n’était que le tout début du travail. Eh bien, ce que je constate une fois de plus, c’est que ça marche : on peut faire spectacle de rien. On dit : on a très peu, on a un projet, on ne sait pas sous quelle forme, on peut vous faire entendre des bouts de musique qui peut-être donneront quelque chose, des bouts d’un texte. Et les spectateurs imaginent avec nous quel pourrait bien être ce spectacle — et ce spectacle futur, cette projection, ce désir de spectacle est peut-être le meilleur spectacle qui soit, au final.  A Paris je reviens pour voir le film de Bettina Atala auquel j’ai participé. Il est très, très drôle, je suis content, sauf d’un plan (zut !) C’était la dernière journée de tournage, il y avait un peu de tension, on était en retard, j’étais fatigué, je m’ennuyais et évidemment ça se voit ! J’ai honte. Le reste des plans est parfait : je suis bien habillé, je m’amuse, je suis beau... Ce sont mes débuts au cinéma. Je serais moi, je m’emploierais de nouveau ! Après le film projeté au festival Hors Piste du Centre Georges Pompidou (demain à 15h, le film de Frank Smith), j’emmène  Balthazar et Jonathan au vernissage de Bruno Perramant. Dominique nous rejoint. Que dire ? je ne sais rien dire sur la peinture de Bruno Perramant — qui me bouleverse — et, qui plus est, j’ai beau en faire la pub, je ne suis pas sûr que je fasse tant d’adeptes. C’est comme avec Laurent Chétouane (en danse). On dirait que les artistes que littéralement je vénère, qui me sont nécessaires comme respirer laissent au contraire facilement indifférents mes amis les plus proches. Je me souviens, au moment du 1er Avril des Bouffes, j’avais envoyé toute la troupe (immense) du spectacle voir l’expo (précédente à celle-ci) de Bruno et seul mon père y était allé, seul mon père avait travaillé à partir des photos de tableaux que j’avais postées sur mon blog. Eh bien, maintenant, mon père sera dans le livre sur Bruno qui sort bientôt. La galerie qui expose (qui s’appelle In Situ) a déménagé tout tout près de chez moi, au 14, boulevard de La Chapelle, ce qui promet que j’y sois presque tous les jours et que je peux vous y mener. Vous pouvez y aller sans moi, mais je peux aussi vous montrer les tableaux. Pendant que nous bavardions tout à l’heure, les tableaux diffusaient, je les avais dans l'œil, et je pensais : C’est comme un arrière-fond qui est vrai. Oui, c’est ce que je peux dire de cette expo sans pouvoir rien en dire : — C’est comme un arrière-fond — qui est vrai. —

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B ourgogne



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