Thursday, January 18, 2018

W ishes


Mon cher Martin, mon cher frère, 
Je m’aperçois que je n’ai pas répondu à vos vœux que Monica m’a si gentiment envoyés — et, tu vois, ma paresse continue puisque j'y réponds maintenant en français. Je viens pourtant de passer quinze jours à Londres où je me suis laissé aller à flotter avec la langue anglaise que j’adore.
Ici, ma vie — que dire ? Hier, j’ai dit à une amie que je me sentais comme un débutant en ce moment, de nouveau comme naïf, comme avant un départ… Je ne sais pas si c’est vrai ou si c’est seulement une vue de l’esprit — une ruse de mon esprit — pour ne pas bouger, justement. Mais, réellement, je crois, je désire du nouveau. Il y a quelque chose d’étouffant ici (en France ou bien dans ma vie) dont je me suis senti libéré un moment par le luxe de ne rien faire à Londres… Londres, quelle ville étrange ! Plus « gothique » que New York encore, je trouve. Ils construisent beaucoup, beaucoup, pas du tout comme à Paris qui ne bouge pas. Les constructions s’empilent sur les anciennes apparemment sans aucune règle et, finalement, c’est assez enthousiasmant, cette anarchie ! En tout cas, tant qu’elle est en chantier. Après, sans doute, ça se fige…
Hier, c’est-à-dire le même soir, une femme m’a abordé pour me demander de me prendre en photo, j’ai accepté, on se voit samedi. Dans son mail, elle me dit qu’elle fait « un travail fictif sur l’Amérique » et qu’elle trouve que je fais « un excellent sujet américain » ! Très étrange. If only...
Mon livre préféré cet automne : d’Emanuele Coccia, La Vie des plantes. Je ne crois pas qu’il soit traduit en anglais. Les plantes qui fournissent l’oxygène qui rend possible la vie animale sur terre. C’est un livre de philosophie qui m’a émerveillé. J’en ai lu d’autres sur les plantes, en particulier le best-seller allemand, Das geheime Leben der Bäume.
Mon père disparu, ma mère vient de passer presque trois semaines à l’hôpital pour des examens neurologiques, mais elle vient de regagner sa maison, ça a l’air d’aller…
Je voudrais passer plus de temps avec vous, vraiment je le voudrais. Je suis si content que tu aies réussi à faire grandir tes enfants, maintenant presque adultes, n’est-ce pas ? Tu as toujours toute mon admiration, mon fr, 
embrasse tout le monde et souhaite-leur la bonne année de ma part, s’il te plaît,
à toi aussi, tous mes vœux de bonheur et de force,
Yves-Noël 

Labels:

« Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité »

Labels:

Titre de spectacle : Triomphe

Labels:

« A love story between two young male farm workers »

Labels:

D e quoi d'ailleurs la morale n'est-elle pas l'ennemie ?


« Je n'ai l'impression d'exister que si je dis le contraire des autres », affirmait-il. Dire le contraire des autres aujourd'hui revient souvent à s'exposer à la vindicte des réseaux sociaux ou à la comparution devant un tribunal, un vrai. Qu'est-ce qui a donc changé ?
Les temps ont changé ! Le rire est devenu plus consensuel. Si l'on observe les humoristes d'aujourd'hui, on se rend compte que, dans leur grande majorité, ils s'efforcent de mettre le public dans leur poche. Concrètement, ils font le même humour que le public. Ce que n'a jamais fait Desproges, tout au contraire. Au lieu de caresser dans le sens du poil, il jetait du poil à gratter. À son époque, les spectateurs adoraient être bousculés ; aujourd'hui, ils préfèrent être cajolés. Autre temps, autres mœurs, comme dirait le proverbe latin mal traduit pas un unijambiste serbo-croate.
[…]
De quoi d'ailleurs la morale n'est-elle pas l'ennemie ?
L'humour est-il, selon vous, victime de la morale ?

Il est surtout victime de l'étroitesse d'esprit. La première chose qu'apprend un véritable comique est de se moquer de lui-même. Les spectateurs et les observateurs devraient apprendre à faire de même. La morale est l'ennemie absolue de l'humour. Alors que l'humour se contrefiche de la morale. »

Labels:

« La communication, c’est la transmission et la propagation d’une information. Or, une information, c’est quoi ? Ce n’est pas très compliqué, tout le monde le sait : une information, c’est un ensemble de mots d’ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes censés devoir croire. En d’autres termes : informer c’est faire circuler un mot d’ordre. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des communiqués ; on nous communique de l’information, c’est-à-dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l’on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyions. [] Ce qui revient à dire : que l’information, c’est exactement le système du contrôle. »

Labels:

« c’est dans une trame universelle que nos individualités sont taillées »

Labels:

« Le sexe est une scène de théâtre sur laquelle se joue la répétition d'une autre pièce de théâtre écrite par un autre auteur, a l’infini… » 

Labels:

U ne phase de vide


Oui, c'est très bien. Cool que ce soit encore dans les temps. Je ne t'ai pas répondu sur les 100 pages, ça aussi, c'est très bien. Très beau. Si tu veux, on s'appelle. Je ne sais pas quoi faire pour les corrections... Je reviens de Londres où je n'ai rien foutu pendant quinze jours (mais où j'ai été heureux), une sorte d'apprentissage raisonné de la paresse — raisonné, même systématique —, les heures qui viennent montreront si la honte reprend son terrain... Je suis joignable jusqu'à 16h30 et même plus ou moins après (je participe à une soirée humanitaire, mais je ne sais pas à quelle heure je passe...) T’embrasse, Yvno

Labels:

C’est de l’eau, pour moi, le studio de danse
« ce que je vous dis là est un appauvrissement de ce que je fais »

Labels:

Titre : Oublier bizarre


Très conseillé, au Centre Culturel Suisse, le spectacle de Julia Perazzini Holes & Hills, encore ce soir et demain, 20h, places pas chères, c’est une espèce de marabout-boutdeficelle endormi, une folie féminine sans bord, à un moment on entend passer cette expression : « une crise de lenteur » et aussi : « c’est comme si j’avais écrit ça en dormant » et plus étrange encore : « oublier bizarre ». C’est virtuose, très David Lynch, et, à partir du moment où je suis entré dans ce Silencio, j’aurais voulu rester toute la nuit avec cette fille sublime et délicate qui « savait tout » et qui pouvait me dire « tout », tout ce qu’il me manquait, tout ce que l’actualité (que je n’aime pas) ne me disait pas. La scène suisse est la meilleure du moment, prouvé !

Labels:


Labels:

Tuesday, January 16, 2018

D ans les autres


« Tu ne vas pas pleurer pour rien. Dans la rue. Dans les autres. Quand tu es dans les autres. Et que le jour baisse et que l'année baisse et que ce mois d'octobre échoue contre novembre dans une odeur de brouillard et de lumière clignotante. »

Labels:

R évélation


Dans l’underground (plus que dans les bus), je me dis soudain que, non, on n’y comprend rien si on pense : les pauvres. Le système capitalisme et sa fabrication des pauvres. Non, ce ne sont pas « les pauvres », tous ces gens à la triste figure qui ne sont pas nés chez les rois. Mais si je pense : ce sont des cons, alors leur visage s’éclaire, leur présence, leur caractère particulier (alors que je ne voyais qu’un ensemble monotone et sans fin). Non, ce milliard n'est pas « les pauvres », c'est « les cons ».  

Labels:

L ’Ecriture non inclusive


« Je suis, en un seul jour, un auteur, une vedette, un soldat, une Majesté. »

Labels:

« So horribly sad. How is it I feel like laughing? »

Labels:

G uilt of Mankind


François Truffaut à propos d’Alfred Hitchcock : « Oui, non, il [le personnage] est innocent de ce dont on l’accuse, mais il y a toujours aussi le refus de diviser le monde en deux, les bons et les méchants ; tout le monde a toujours quelque chose à se reprocher, par exemple le personnage de James Steward dans Fenêtre sur cour [le voyeur] est un personnage vraiment coupable et d’un péché qui est un péché au regard de l’église. » Mais, ça — et je crois que l’on n’y peut rien —, la nouvelle génération y pige que dalle. L’idée du péché originel. La phrase sublime : « Que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre » (à la femme adultère). Et aussi le slogan sublime de Mai 68, repris quelques années plus tard par Gilles Deleuze : « Cesser de faire le gendarme pour soi et les autres ». Ça ne peut pas rentrer dans les neurones, ça, ça n’imprime pas. Et aussi la phrase absolue de Franz Kafka : « Faire un pas (un bond) hors du rang des assassins ». Il n’y a rien à faire. La nouvelle génération est une génération (déjà) mutante à moitié fabriquée des réseaux sociaux qui sont, comme l’on sait (et de le savoir n’y change rien) une opération de contrôle des uns les autres — et de soi-même — d’une réussite — par son ampleur et son innocuité — probablement sans précédent. ÇA LEUR EST NATUREL. C’EST COMME ÇA QU’ILS SONT NES. C’est pour ça qu’on ne peut rien et qu’on ne pourra rien (et que ça ne va pas se calmer). Résister et se faire traiter de vieille peau, de vieille pute, de vieille conne, de vieille salope, de vieille sadique, de vieille réac, de vieille truie avec le panache de Catherine Deneuve, c’est tout ce qu’on peut faire ou se faire désinguer au sommet de sa carrière, comme tous les meilleurs acteurs américains, les meilleurs, bien sûr, pas les faibles — parce qu’ils vont tous y passer, les uns après les autres, vous allez voir, it's written by advance (et porter pathétiquement le pin’s de soutien à cette soi-disant « lutte finale » pour éclairer enfin définitivement le Mal par le Bien n’y changera rien)

P ravda


Il paraîtrait que Blow Up n'est pas acceptable. Moi c'est de mes films préférés. Mort aux culs bénits.
— Ah, tu découvres ça aussi... Moi, je peux te faire ton éducation, j'ai lu TOUS les articles dans « Le Monde » et « Libération » depuis le 5 octobre (pour essayer d'y comprendre quelque chose) et j'en suis arrivé à me demander quelle était la différence entre ces deux journaux et « La Pravda », par exemple. J'ai vraiment pensé ça. Ici, à Londres, c'est pire encore, mais c'est plus amusant à lire en anglais victorien dans un bus à impériale... En résumé : On n'est pas sorti de l'auberge, je peux te dire !

Labels:

E léments de langage (EDL)


« justice numérique expéditive »

« l’amateur de talent »

« brise la vitre de l’intégrité »

« De telles gens ressemblent au dragon, lequel ne mord pas mais envenime par le lécher de sa langue. »

« un mal radical pour lequel nous sommes potentiellement tous disponibles, non pas en tant que victimes, mais bien en tant qu’agents »

Labels:

Lancelot Hamelin
« A-t-on encore besoin d'auteur ? » La vraie question c'est la confusion entre la question de l'autorité sur le discours, et de la véritable étymologie du mot « auteur », qui a à voir avec l'accroissement, au sens végétal. Crise du sentiment d'autorité, corolaire de l'amenuisement du sentiment d'être le sujet de son existence, tout en étant un individu projeté tout devant. Bref, faux problème, vrai malaise. Vive Julien Gaillard, qui sait ce que l'arbre veut dire !
Et puis cette culture de la division est nulle. Un metteur en scène ou un acteur peut être un « auteur ». Quesne écrit sans les mots. Caroline Guiela Nguyen écrit avec les mots des acteurs et des auteurs qui entrent dans son univers. Yves-Noël Genod ou Marlène Saldana écrivent dans nos esprits. La vraie question est la maladie mentale qu'on a dans notre pays avec notre langue et sa transcription écrite. Ces faux débats auteur/metteur en scène reconduisent seulement le problème de classe que cristallise notre rapport au texte. A l'écrit. C'est là où le théâtre, en bloc auteurs/metteurs en scène/acteurs, met en question la domination de l'écrit, faisant sa part à l'oralité, au souffle dans le langue, l'échange entre deux être par la parole. Je ne me sens pas du tout concerné, même en temps qu’« auteur » (si tant est), par ces débats. Je vais plutôt aller m'acheter le « Times », dont la couv’ me semble plus excitante.

Labels:

Bonne année, Hubert ! 
Je rentre de Londres où je n’ai rien foutu, mais où j’étais bien à me laisser flotter « ailleurs » et je me dis qu’on pourrait peut-être avancer sur la création que nous pourrions proposer à Actoral… Comme toujours, de mon côté, plein de possibilités et que j’aime laisser ouvertes, plein d’appels, mais c’est pour ça que j’aime l’idée de commande ou de contexte car alors ce n’est pas « moi » qui agis sur la sélection...  
T’embrasse, 

Yvno

Labels:

« Je ne comprends rien, je fais partie de ce que je vois. »

Labels:

L e Marais


Je me demande comment tu peux être si actif (d’après ton Facebook). En plus, tu lis !
Moi, c’est tout le contraire, je n’ai rien fait à Londres, et, en plus, je n’ai même pas lu !
Dustan, c’est bien, c’est vrai, c’est une bonne idée. Jean-Louis Costes, j’ai écouté des disques, mais je ne vois pas trop ce que tu pourrais faire qu’il ne fait pas déjà. Je ne connais pas Testo Junkie, mais j’aime beaucoup Preciado, oui, que je lis dans « Libé ». Ce serait peut-être plus facile de demander les droits, j’imagine qu'elle doit être plus cool que les éventuels héritiers de Dustan (jamais cool, les héritiers).
Sinon je suis rentré et je fréquente le Marais ce soir et demain. Si tu veux, en deuxième partie de soirée (22h…)
YN

Labels:

« Le vilain lapsus d'E.Woerth à l'instant sur Inter : « Il faut une immigration que l'on méprise ». »

Labels:

Soirée très agréable hier, extrêmement sympathique, avec les militants de Reporterre, merci Audrey Vernon de m'avoir entraîné là !

Labels:

Monday, January 15, 2018

« Je ne suis prêt à rien, je me réconcilie avec ce qui arrive ! »

Labels:

Sunday, January 14, 2018

S elfish


Bon, je crois tenir en horreur le militantisme, j’ai beaucoup d’ami.e.s militant.e.s — et je me suis beaucoup fâché. Les deux sujets récents de plus grosses fâcheries : Mélenchon pendant les élections (j’ai refusé violemment de signer une pétition pour appeler à voter pour lui) et, depuis le 5 octobre, le « féminisme » (j’ai refusé violemment de signer une pétition pour virer Daniel Dobbels de l’école des Beaux-arts). Néanmoins, je ne parviens pas non plus à me dégager de tout militantisme. On est toujours militant de quelque chose. J’ai sans doute milité pendant des années pour l’homosexualité, j’allais dans les bars, les saunas. Ou bien, si je me ruine à acheter des vêtements, c’est en soutien de la mode. Il y a quelques années, j’ai milité pour le mariage gay, mais ce n’était pas la peine. C’était rien et je me suis fâché avec un bon ami homo qui était contre. Tout ça pour dire qu’il y aurait encore quelques opérations militantes que je ne regrette. Avoir participé, aux Bouffes du Nord, entre les deux tours, à une soirée contre Le Pen (avoir dit du Proust) et, aujourd'hui, lundi 15, à la Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, participer à une soirée en faveur de l’association Reporterre où j'essayerai de dire le célèbre poème de Ronsard : Contre les bûcherons de la forêt de Gâtine. (19h.)

Entrée libre,  reservation@maisondesmetallos.org

Labels:


Labels:

D on’t judge a work on a moral level


Pourquoi je ne suis pas féministe ? Parce que je ne supporte pas que « les hommes » soient accusés. Deux faits personnels. Quand j'avais quinze ans, j'ai eu deux mères de substitution, Marguerite Duras et Nathalie Sarraute, aucune des deux ne supportait le féminisme, aucune des deux ne voulait être réduite à une figure  d’« écrivaine », aucune des deux ne supportait que son œuvre soit limitée, ni par les hommes (Barthes, Sartre) ni par les femmes (les féministes), à cette notion d'« écriture féminine ». Nathalie Sarraute disait que, quand elle écrivait, elle était un « neutre » et Marguerite Duras disait qu'elle était « tout ». Vous les reconnaissez, n'est-ce pas ? Deuxième point de mon histoire : chez nous, c'est notre mère, la prédatrice. Mon père, que j'ai souvent engagé dans mes spectacles, décédé en avril, était la délicatesse même, ceux qui l’ont vu dans ces rares spectacles peuvent en témoigner. Il m'a sauvé la vie. Il n'a pas réussi à sauver (ni moi non plus) la vie de ma sœur. Pour les filles, dit-on, le modèle de la mère est encore plus fort que pour un garçon. On a dit qu'elle ne pouvait pas s'en sortir. Voilà certainement pourquoi j'aime certaines femmes et pas d'autres. Voilà pourquoi je suis — aussi — misogyne. Et cela n'a rien d'original. Les femmes que j'aime sont de celles qui ont signé la tribune tant incriminée. C'est-à-dire des femmes qui ne se sentent pas exemptes du jeu de la domination. Dans ce fabuleux empire du Bien, international, pavés de bonnes intentions, la violence et la haine ne tardent pas à se démasquer (comme dans tout empire du Bien). S'il y a évidemment un système de domination des hommes sur des femmes, ce qu'on appelle le patriarcat, ce système est reconduit à chaque génération par des femmes. Ce sont des femmes (me dit-on) qui, dans certaines régions du monde, pratiquent l'excision. C'est, sans nul doute, des femmes qui fabriquent les machos, dans la toute puissance de leur mise au monde. Par la violence d'une Caroline de Haas, ce système est, en un sens, reconduit. L'hystérisation du « moi je » (la maladie de ma mère), le mensonge, le contrôle, le « ferme ta gueule », le « tu n'existes pas ». On dira que c'est le jeu du militantisme. Personne n'est obligé d’y souscrire. Ni Sarraute ni Duras — ni Moreau ni Deneuve — n’y souscrivait. On avait un peu de peine pour Delphine Seyrig parce qu'on l'adorait. Il y a toujours des exceptions, des contradictions : Monique Wittig pourtant militante jusqu'au boutiste avait un art bouleversant que Nathalie Sarraute (qui combattait ce militantisme) portait dans son cœur. La lutte contre le sexisme devrait être un art subtil puisque le sexisme est d'une fabrication commune. Ce n'est pas comme libérer des esclaves. Les indigènes, les pauvres, les étrangers sont dominés par des plus forts. Mais « les femmes » et « les hommes » semblent s'entendre, de manière si ancienne, au détriment des enfants, dans le partage du pouvoir accordé aux uns et aux autres. Matriarcat-patriarcat et vice versa. C'est ce que pointe un sketch de Louis C.K. que j'ai découvert après que sa carrière ait été, du jour au lendemain comme l'on sait, pulvérisée pour quelques anciennes branlettes devant quelques admiratrices. Je peux certes imaginer que des femmes souffrent plus puisque, dans le jeu de leur domination, elles se relient peut-être plus aux sensations instinctives, c'est-à-dire aux vraies souffrances — mais aussi aux vraies joies, aux vraies tendresses que recherchait « notre jeune homme », Marcel Proust, dans les livres qu'il lisait et qu'il écrivait, ni féminin ni masculin, mais « tout ». Ce petit texte ne dit presque rien. Le vrai sujet est à quel point la beauté d'une jeune femme peut rendre fou de douleur un homme qui ne l'est pas, lui, ni jeune ni femme ni belle. Je l'ai connu, ça, moi aussi, cette catastrophe — et Proust ou Baudelaire — ou Duras — l’ont infiniment chantée. 

L eaving



Labels:

« le succès rend naturel »

« méchamment le temps nous sépare »

Labels:

Saturday, January 13, 2018

L’ Idéale


« belle en scène comme à la ville »

Labels:


Friday, January 12, 2018

A u boulot

« Asked what trait he most deplores in himself, he said untidiness. »

Labels:

Thursday, January 11, 2018

J ournée Facebook, small sample


Je m'y intéresse ! Justement. C'est parce que le militantisme me parait avoir des œillères que, moi, j'ai du mal. Mais je sais assez que tout vient de l'histoire de chacun pour le respecter (et avoir beaucoup d'amis militants qui souvent me font honte, mais tant pis). Casa m'a dit que sa grand-mère prostituait sa mère (le Nord !) et je croyais avoir compris sa violence dans ce débat, moi aussi j'ai une histoire personnelle qui me fait « voir » les choses, un petit bout de la lorgnette, mais il est dans un tel état qu'on s'est quand même fâché (pourtant il est vraiment adorable, ce type, avec moi). Sur la seconde, c'est là le problème de la différence de génération. Quand on a connu d'autres époques, on peut dire : non, c'est pas des prédictions, c'est maintenant. C'est maintenant que les romans qui paraissent sont nuls, c'est maintenant que les films sont stupides, c'est maintenant que le théâtre que l'on montre est misérablement autocensuré, que l'art contemporain est zéro. Ici, à la Tate Modern, la majorité des artistes présentées sont des femmes et leurs œuvres sont nulles : que du didactisme, de la bien-pensance. On lit les cartels (très bons) et on a tout, l'œuvre ne rajoute rien à son explication. Je vais donner un workshop à Cergy et la prof qui m'invite m'a dit : il faudrait qu'ils comprennent le débordement, leurs projets  sont incroyablement autocensurés. Toi, au moins, tu n'es pas dans l'autocensure !

Labels:

D emande d'autorisation


Salut Dominique,
Pensé à toi hier (enfin, je pense bien souvent à toi, bien sûr) en tombant sur la boutique Sonia Rikiel : c’est très joli, ils ont tapissé entièrement les murs d’une bibliothèque rouge remplie de vrais livres en français. Emouvant, ici, de tomber sur tous ces livres que j’ai lus, que j’ai envie de relire, tous ceux que je n’ai pas encore lus — en même temps, comme une autre époque, l’époque de tous ces livres qu’on ne lira plus…
Puis-je utiliser ta photo ci-dessous pour Vanves, Matière Nouvelle (ils m’en demandent une pour leur site) ? Que j’aime bien car elle est conquérante et hétéro, ce qui malheureusement est loin d’être mon état (conscient en tout cas) permanent — mais peut-être qu’au fond, si...
Je t’embrasse, 
YN

Labels:

« I would have hope that were nothing spoken. » (« Moi, j’aurais préféré que rien ne soit dit. »)

G illes de Rais


Non, ça vole pas haut. La manière dont se fait traiter Catherine Deneuve, ici, à Londres ! Dans The Guardian, rien qu'un exemple, à propos de la pétition qu'elle a signée : « If ever there was a claim that could add willful insult to an enraging situation, it is this one. As an historical comparison to invoke, it’s like claiming the Spanish Inquisition as an oppressed class or Gilles De Rais was a victim of social prejudice. » Gilles de Rais, mazette, fallait aller le chercher, celui-là ! Voilà, elles en sont là, les féministes plus neuves que Catherine Deneuve ! Des Robespierrettes... Sans compter les insultes...

Labels:

(R erun)


STAGE SUR L'AMOUR
« L’homme et la femme ne se rencontrent qu’une fois. » (Jacques Audiberti)
C’est encore une fois un stage très exigeant que je vous propose. Notez que je suis fatigué de moi-même, de cette exigence… J’ai la nostalgie de ma vie passée, quand nous ne savions pas ce que nous faisions avec Jonathan, Thomas, Marlène et tous ceux que ces gens drainaient… fine équipe… Mais ces dix ans de métier m’ont conduit à une expérience — et le monde est devenu plus con, il faut dire aussi —, ce qui est sans doute la raison qui fait que j’invente ces thèmes de stage si surnaturellement difficiles (tant qu’à faire) : « Jouer Dieu », « Leçon de liberté », « Casser une noix » et, maintenant, « Stage sur l’amour » ; l’ironie s’est cassée, ne reste que la terreur pure, gothique — et il faut s’aimer.
« Le chemin de l'amour passe toujours par la saleté et la détresse », ça, c’est encore une citation de Franz Kafka ; je suis obligé de dire la vérité. Elle n’est pas fun. Et il nous faudra pourtant l’insouciance imaginaire du souvenir… Il faudrait, comme toujours, imaginer que le travail est fait — avant même de poser un pied dans ce lieu sublime de la chapelle des Brigittines, à Bruxelles (une ruine du genre des Bouffes du Nord). Comme le travail est impossible, il est impossible de « travailler ». Venez en vous aimant déjà (c’est si rare…) Venez en ayant tout pour vous, tout : la confiance extrême, la beauté extrême, l’intelligence extrême et la détresse extrême ; comme toujours, le sublime sinon rien… Vous ne vous empêcherez pas d’être immense… (Nelson Mandela.)
Date limite d’inscription : 15 janvier.

Labels:

« Be yourself, everyone else is taken. »

Labels:

V ulgaire caillou


Je pense à toi parce que je lis (dans Dorian Gray) que « la cornaline apaise la colère ». Mes meilleurs vœux, très chère, Yvno (de Londres)



Cher Yves, la cornaline serait vertueuse, je l'imaginais de couleur blanche mais je viens de voir sur un site qu'elle est rouge sang ! oh, j'aimerais bien en avoir une...
Je reviens de Tunis où je suis retournée dans la librairie où j'avais trouvé le Cantique des Oiseaux (écrit par Farîd od-dîn Attar qui était soufiste — la branche mystique de l’islam — en 1190) et je suis tombée sur un recueil de poèmes écrit par Djalal od-dîn Rumî, également soufiste et qui a fondé l'ordre des derviches tourneurs. 

O toi pareil à la lune ! A l'instar de la lune ne dors pas en une telle nuit
Comme la roue céleste qui tourne, tourne, et ne dort pas
Notre éveil est le flambeau qui illumine le monde
Une seule nuit, tiens à la main ce flambeau ; ne dors pas !

(tous les poèmes du recueil sont des quatrains et ils sont classés par thème (l'amour et la beauté, le coeur et l'âme, la quête (ce que je préfère !), la nuit et le jour, l'ivresse, la joie et la douleur, la raison et la folie, la vision, le chant du monde (très beau aussi ) la mort physique et la mort mystique.)

Cette douce parole que nous nous sommes dite l'un à l'autre
Le dôme du firmament l'a gardée dans son coeur secret
Un jour, comme la pluie il la répandra
Et notre mystère croîtra sur la place du monde. 

Le Bien-Aimé brille comme le soleil,
L'amoureux tourne comme un atome
Quand souffle la brise du printemps de l'amour
Toute branche qui n'est pas sèche se met à danser.

Voilà quelques paroles d'un autre temps... ce que j'aime c'est le lien entre l'intérieur du corps et le monde, et  l'idée du tournoiement qui se passe dans le cosmos mais aussi à l'intérieur du corps dans la bouche, le coeur, la tête... 
Sinon j'ai suivi ton conseil et j'ai acheté aujourd'hui deux recueils d'Emily Dickinson !!!!
Car l'adieu c'est la nuit  et  Ses oiseaux perdus
...
Tous mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année, aussi lumineuse  qu'obscure, comme le firmament !
Je t'embrasse,
Isabelle



Oh, oui, Rumî, c’est sublime ! Moi, c’est Barbet Schroeder, figure-toi, que j’avais croisé un jour, qui m’avait gentiment envoyé un dossier de ces poèmes… que j’ai perdu, c’est bien ennuyeux, alors je suis content que tu me le montres à nouveau… Tu as des acquaintances à Tunis ? tu me raconteras… Et bientôt un récital de tout ça, non ? 
Bises, 
YN
Et puis, je vous mets en contact, Achraf et toi. Achraf faisait (magnifiquement, en arabe et en français) des poèmes sublimes de je ne sais plus de qui l’année dernière. Peut-être vous pourriez faire quelque chose ensemble ? (je vous aiderais). Une sorte de Love Letters, Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimé...

Labels:

1 977


« Nous vivons dans un monde plutôt désagréable, où non seulement les gens, mais les pouvoirs établis ont intérêt à nous communiquer des affects tristes. La tristesse, les affects tristes sont tous ceux qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour faire de nous des esclaves. Le tyran, le prêtre, les preneurs d’âmes, ont besoin de nous persuader que la vie est dure et lourde. Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, ou, comme dit Virilio, d’administrer et d’organiser nos petites terreurs intimes. La longue plainte universelle qu’est la vie … On a beau dire « dansons », on est pas bien gai. On a beau dire « quel malheur la mort », il aurait fallu vivre pour avoir quelque chose à perdre. Les malades, de l’âme autant que du corps, ne nous lâcheront pas, vampires, tant qu’ils ne nous auront pas communiqué leur névrose et leur angoisse, leur castration bien-aimée, le ressentiment contre la vie, l’immonde contagion. Tout est affaire de sang. Ce n’est pas facile d’être un homme libre : fuir la peste, organiser les rencontres, augmenter la puissance d’agir, s’affecter de joie, multiplier les affects qui expriment un maximum d’affirmation. Faire du corps une puissance qui ne se réduit pas à l’organisme, faire de la pensée une puissance qui ne se réduit pas à la conscience. »

Labels:

R éseau sociaux


« The occupational hazard of making a spectacle of yourself, over the long haul, is that at some point you buy a ticket for. »

Labels:

Tiens, j’ai trouvé un tableau hyper beau, hyper vivant à la Tate Britain, tu le connais probablement, c’est Monet en train de peindre (et sa femme) par John Singer Sargent, c’est de très loin son meilleur (de tous ceux que j'ai vus en tout cas)



Labels: