Saturday, November 20, 2010

« Faux amis

Par PAUL QUINIO


Et si cette affaire de licenciements, validés par les prud’hommes, de salariés coupables d’avoir dit du mal de leur chef sur le réseau social Facebook était, d’abord et avant tout, une question de vocabulaire ? Qu’est-ce qu’un ami ? Dans la vie, la vraie, c’est déjà pas toujours simple… Mais quel sens donner au mot « amis » quand ils se comptent par centaines, parfois par milliers, sur une page Facebook ? Aucun. Les salariés licenciés de la société Alten sont victimes de cette confusion des mots, très symbolique du dangereux méli-mélo des espaces public-privé qui caractérise l’époque et qu’accentue l’existence des réseaux sociaux. Et, dans ce cas précis, du mélange entre vie privée et vie professionnelle. Qui suis-je ? Où suis-je ? Un citoyen en train d’échanger des propos privés en toute confiance, puisqu’avec des amis ? Non. Un salarié en train de s’exposer dans un espace non seulement public, mais en plus surveillé. Les salariés sanctionnés n’ont sans doute pas été très malins. Et l’usage des réseaux sociaux et la législation qui va avec, sans aucun doute, évolueront avec le temps. Il n’empêche qu’en attendant, la preuve est faite que cette confusion des genres, ces frontières qui volent en éclats, cet appétit pour l’exposition permanente se retournent contre l’usager. Et profitent davantage au patron plutôt qu’au salarié, aux forts plutôt qu’aux faibles. »

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