Sunday, September 17, 2017

« L e temps échappe à toute image »


Le film de Frank Smith — filmé par Arnold Pasquier — qui s'appelle Le Film de l'impossible est sublime. Il s'agit d'un remake du Camion, de Marguerite Duras, il fallait oser, il l'a osé ; il n'y a plus de camion (ou peut-être au très loin au début, me dit Arnold), il n'y a plus que le désert de sel de Gerry (de Gus Van Sant) et un poète qui dialogue avec lui-même par la disponibilité d'un ami qui lui renvoie la balle et qui dit des choses comme : « Le film de l'impossible n'existe pas. Ce qui existe réellement, c'est le film de l'impossible en train de se faire ». Ou encore : « Car on ne veut pas grand chose ? — Rien ». Ou encore : « Ecrire, filmer, c’est supprimer ». Et enfin (je crois que ce sont les derniers mots) : « Un monde devient image — on fait une image-monde ». Vincent me dit que ça a rapport aussi avec La Région centrale, le film de Michael Snow (de 1971) où une caméra avait été inventée pour filmer dans toutes les directions un paysage sans présence humaine. Tout ce qui fait rentrer le réel ou le monde dans le monde est beau. « Le cinéma admet enfin le désert au-devant de lui »

Labels:

0 Comments:

Post a Comment

<< Home